11.01.2008

Bon anniversaire, papa !

Aujourd'hui, cher papa, j'ai une pensée toute spéciale pour toi car c'est ton anniversaire ...
Tu aurais 98 ans ...
Toi le sceptique, je te souhaite de regretter ton scepticisme et de goûter aux joies du ciel, celles dont personne ne sait bien parler, mais qu'on devine un peu : joie du face à face avec l'Amour !
Comment peut-on imaginer un tel bonheur ?
C'est rigoureusement impossible.
Mais, j'en ai la conviction, toi le juste, le droit, l'honnête, le silencieux, le contemplatif, le bon, le doux, le sage, le paisible malgré un tempérament anxieux, toi le respectueux, le courageux, le persévérant...oui, toi avec toutes tes qualités et tes rares défauts (personne n'est parfait !), je sais que tu es heureux, délivré de cette horrible maladie respiratoire qui rendait chaque minute pénible, je sais que tu as retrouvé maman et tous vos ancêtres, je sais que tu n'en finis pas de t'exclamer, de jubiler...tout en restant proches de nous.
Peut-être nous plains-tu un peu...nous sommes tellement le nez dans le guidon !
Nous pensons si peu à la mort !
La mort, cette porte mystérieuse qui nous ouvre sur un inconnu illimité, sur "la vie éternelle"...

Je terminerai par ces mots de Saint François d'Assise avant de mourir :

"Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre soeur la mort corporelle !"

"Si on l'accepte, la mort est le plus beau moment de la vie : elle nous libère de la part terrestre et nous aide à prendre notre élan vers le ciel." Soeur Emmanuelle dans "mille et un bonheurs"

Je compte sur toi, papa, pour ne pas nous lacher du regard : nous aimons l'imaginer posé avec bienveillance sur chacun de nous...

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17.10.2007

clins d'oeil de Dieu

Une Ursuline parisienne écrit dans un article de Panorama :
"Au long du jour, ce Dieu caché aime venir à moi par signes, clins d'oeil qui demandent de l'attention, j'en laisse sûrement passer."

J'ai repéré tout récemment dans ma vie deux petits signes que j'attribue à Dieu. Les voici :

Alors que j'errais à la FNAC en quête d'un livre pouvant m'aider pour mon activité récente d'alphabétisation, je me suis trouvée à côté d'une inconnue avec qui je suis entrée en conversation et qui s'est révélée être...la présidente d'une association d'alphabétisation !!!
Je suis repartie sans livre, certes, mais néanmoins chargée d'un précieux cadeau ...le cadeau de nos échanges et des conseils qu'elle m'a donnés.

J'avais essayé de photographier un beau papillon orange dans mon jardin, il y a quelques temps, mais je n'étais pas satisfaite du résultat, l'insecte n'ayant pas eu la patience de garder la pose...
Après un week-end difficile où j'ai pris une décision qui m'a beaucoup coûté, voici qu'un autre papillon est entré dans mon champ visuel et a accepté cette fois que je le mitraille avec mon numérique qu'il m'a laissé aller chercher...
Le papillon étant le signe de la légèreté, j'ai reçu ce cadeau comme une invitation à laisser mon coeur s'alléger d'un trop lourd fardeau.
Mais ce n'est pas tout...le matin même, j'avais commencé mon 29° carnet de prière avec...une image de papillon !

Merci Seigneur pour ces délicates attentions. Ton coeur me chamboule et me réchauffe par sa bonté .
Deux signes coup sur coup, quelle chance !a74f416441056dbd39ea1275c60cde76.jpg

09.04.2007

une messe à la Guadeloupe

Nous revenons d'un petit séjour à la Guadeloupe. Nous avons été dépaysés par quantité de choses mais aussi lorsque nous avons participé à la célébration dominicale, à 8 heure du matin.
Déjà, avant d'arriver, sur le bord de la route, nous avons vu des femmes endimanchées marcher en direction de l'église. Certaines ont parcouru à pied une certaine distance.
Sur le parvis de l'église de Deshaies "St Pierre et St Paul" une joyeuse animation régnait et une femme souriante nous a tendu la feuille de chants. Nous sommes entrés, et l'église était déjà bien remplie. La chorale était en place, avec l'orchestre. Peu à peu l'église s'est totalement remplie et la messe a commencé avec "L'amour a fait les premiers pas", entonné avec une grande puissance vocale. Quelle beauté que ces voix mêlées à l'orchestre, cette vibration de toute l'assemblée !
Autour de nous, quelques touristes reconnaissables à leurs habits ordinaires alors que manifestement tous les participants guadeloupéens s'habillent avec un soin tout particulier pour cette occasion.
Oui j'ai été émue par cette superbe chorale, ces différents animateurs de chants et d'assemblée si bien coordonnés, si motivés, si enthousiastes, si performants ... par la ferveur de tout le monde...par la foi qui se dégageait de l'ensemble, malgré un prêtre âgé et fatigué, à la voix à peine perceptible.
Nous sommes repartis le coeur gonflé de joie et d'amour.
Nous nous sentions si bien ici !
Et pourtant, il fallait repartir, "redescendre de la montagne" ...
Nos communautés de la métropole ont des leçons à prendre de nos amis guadeloupéens.

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28.12.2006

NOËL 2006

Je retiendrai essentiellement la joie que nous avons vécue en famille en préparant "la fête" - l'avant et le pendant ... Une de nos filles aime filmer en permanence et elle le fait bien. Du coup, moi qui avais passé pas mal de temps dans la cuisine, j'ai vu avec plaisir ce qui s'est vécu à côté de moi et dont je n'avais pas profité !
C'est incroyable comme chacun a eu sa place spécifique dans cette "construction" particulière. Heureusement que les talents sont différents et complémentaires. Ainsi chacun a pu apporter sa petite note singulière à l'édifice, et le résultat a été superbe : beaucoup de joie, de bonne humeur, de légèreté, qui ont permis à notre fille de faire un film joyeux et sans longueurs, constitué de nos pitreries, nos "délires", notre spontanéité dans les traditionnels moments d'installation des cadeaux au pied du sapin, choix des vins, déballage des cadeaux, réveillon etc ...
Encore un joyeux Noël où l'aspect religieux n'a pas été oublié avec notre démarche à la messe de minuit (à 18h30 !) dans une paroisse voisine.
Je pense que toute cette joie vécue dans ces moments, résulte de la grâce de Noël, et aussi des paroles échangées avant, entre nous, qui nous ont préparé le coeur à bien vivre cette fête.
Aucune fausse note, que du bonheur ...medium_sapincadeaux.jpg

18.09.2006

Il a fait son passage !

Mon cher papa a fait son passage dimanche 17 septembre vers 6 h du matin.
Il est mort en dormant. Au bon moment.
Pourquoi au bon moment ?
Au bon moment pour lui, au bon moment pour moi.

Au bon moment pour lui : il me semble que papa a fait tout un parcours, ces 2 derniers mois, depuis sa "chûte" dans l'univers hospitalier.
Il est passé par différentes phases, dont celle de la fermeture extérieure. L'escargot avait tout rentré, il n'y avait plus de visible qu'une coquille imperméable, muette, absente ...
Et puis il est entré dans une maison de retraite et peu à peu, il s'est réouvert à la vie.
Il a accepté de communiquer, d'écouter des cassettes et de s'y intéresser, de se promener en fauteuil roulant ...
Il souffrait, c'est certain, mais il acceptait son épreuve sans révolte, sans fermeture.
Il était de nouveau un vivant parmi les vivants.
Papa est mort vivant !

Au bon moment pour moi :
Depuis 2 mois, je me suis préparée à son départ.
Quand j'ai réalisé qu'il ne reviendrait plus dans son appartement, ce fut une grande tristesse. Une page se tournait, et elle était difficile à tourner. Chaque jour je venais le voir, et nous avions nos petits rituels ... Je savais que papa m'attendait, et me sentir attendue me faisait très plaisir.
Je me sentais utile, je le servais avec tendresse et plaisir. Il le sentait et m'en était reconnaissant.
Et puis donc il a fallu organiser l'après-hôpital, chercher une maison de retraite médicalisée.
J'ai dû m'habituer à son appartement vide de sa présence.
J'ai commencé à déménager ses affaires.
Peu à peu je m'habituais à cette nouvelle étape, celle de la perte de son autonomie.
J'étais néanmoins inquiète de son attitude fermée, lorsqu'il était au service de suites.
Mais je l'ai vu revivre dans cette "Aubergerie du 3° Age" ...Soulagement de voir qu'il s'habituait bien, qu'il était dans un endroit agréable, dans un environnement sympathique...
La veille de sa mort, Dominique et moi lui avons fait faire une longue promenade. Nous avons bien bavardé, même s'il nous avait prévenu qu'il parlerait peu étant donnée la fatigue que ça lui occasionnait.
Papa a voulu entendre la fin du récit qu'il écoutait sur cassettes.
Il a bien diné ... Nous lui avons dit : "à demain matin, avec Thierry !" . Il nous a dit " bonne nuit !" d'une voix ferme ...Et il s'est éclipsé un dimanche, alors que Thierry allait venir.
La présence de mon frère dans ce moment inoubliable a été précieuse et vécue très fraternellement, dans une grande proximité. La douleur partagée n'est plus la même. Elle rapproche.
Dimanche ... et donc Dominique ne travaillait pas. Il a donc pu être là, lui aussi, vivre l'évènement en même temps que nous ... et nous aider dans certaines démarches.

Voilà ... après les larmes, la paix.
Papa, je t'aime, tu as été un homme droit, juste, bon, patient, doux ... alors je n'ai pas d'inquiétude sur ton devenir :
tu es auprès de Dieu avec maman et tous ceux que tu aimes et qui t'attendaient ...
Au revoir papa chéri ...

10.09.2006

EFFATA !

J'étais autrefois une personne muette ...ou trop bavarde ( en classe, à la maison !).
Un jour, à un groupe biblique, j'avais 20 ans, quand ce fut mon tour de prendre la parole, je fus incapable de dire quoi que ce soit. Le prêtre attendait patiemment que je m'exprime, mais aucun son ne sortit de ma bouche. Cette expérience pénible m'a marquée. Que s'était-il passé ? Pourquoi n'avais-je pu parler ? Etaient-ce les mots ou les idées qui m'avaient manqué ?
Peu à peu j'ai pris plaisir à lire certains romans "psychologiques" qui décrivaient certains aspects de ce que je ressentais confusément. J'apprenais ainsi à mettre des mots sur des émotions, des sensations fugitives, etc.
Ma pensée apprenait à s'enrichir.
J'apprenais à parler de moi... Long apprentissage !
Il y a des écueils à éviter entre l'étalage de soi, les conseils qu'on croit opportun de donner tellement facilement à ceux qui ne demandent rien ... la prise de parole à tort et à travers ( après les restrictions, les débordements !) ... Bref, ce n'est pas si facile que de PARLER.
Parler en vérité, parler pour communiquer, parler pour se faire proche de l'autre, parler pour témoigner ...
Et puis, SE TAIRE ... se taire pour mieux comprendre l'autre, mieux l'écouter, mieux le prendre à l'intérieur de soi ...

Et aujourd'hui, dans la guérison d'un sourd-muet, Jésus nous dit : EFFATA ! (= ouvre-toi)
Ouvre tes oreilles, ta bouche, tes yeux, ton coeur ...
...et tu vas expérimenter la libération, la joie, le plaisir de vivre la proximité avec l'autre par la parole vraie, l'écoute attentive... le dynamisme qui nait de ces échanges simples, naturels, limpides ... d'où les peurs sont exclues.
Voilà ce que j'ai retenu de cette Bonne Nouvelle de ce dimanche.
Merci à ceux ou celles qui me donneront le bonheur de m'adresser la parole, ou qui répondront à la mienne !
Merci à eux pour leur audace ... car parler, c'est laisser une empreinte, une trace de soi, indélébile.
Normal que ça fasse un peu peur, non ?

08.09.2006

jeudi 7 septembre 2006

Dans la catégorie "ma vie", je viens vous annoncer que mon père est entré le 7-09-06 en maison de retraite médicalisée.
Oui, mon père fait partie intégrale de ma vie depuis déjà pas mal d'années ...
Depuis que maman a commencé à perdre un peu la tête et qu'il a fallu gérer la maison à sa place.
Et puis maman a fait son passage ...
J'ai soutenu papa à tous les niveaux pour que la vie reprenne ses droits.
Et papa a survécu.
L'année dernière, papa a du quitter un appartement qu'il occupait depuis 55 ans ...
Il a quitté son cher Paris et est venu habiter près de nous.
J'ai pu encore mieux veiller sur lui. Papa s'est vite adapté à son nouvel environnement, à la grande surprise de tout le monde.
Mais, en ce mois de juillet caniculaire, l'état de santé de mon cher père s'est brusquement dégradé.
A 96 ans ... on ne trouve rien à redire pensent beaucoup.
Oui, mais moi je n'ai pas envie de baisser les bras, même si là, papa en a pris un grand coup sur la tête.
Après une hospitalisation de plusieurs semaines, il est entré hier à "L'Aubergerie du 3° Âge" .
C'est joli comme nom !
Il y est entré hier, avec le soleil.
Tant pis pour son appartement ... maintenant il va falloir qu'il s'habitue à ce nouveau "chez lui" ...
Il va falloir qu'il retrouve goût à la vie.
C'est mon nouveau challenge !

23.07.2006

Une bataille à gagner ...

Mon père, 96 ans, vient de se faire hospitaliser ...
Comment, cet homme qui n'a plus la force de porter un verre à sa bouche était encore autonome il y a 6 jours ?
Oui, c'est vrai ...
Quelle tristesse d'aller arroser les plantes dans son appartement désert, et de se demander s'il y reviendra un jour ...
Quelle tristesse que d'assister, impuissante, à la lutte d'un homme à bout de force ... de souhaiter qu'il gagne la bataille, encore cette fois ...
Comme tout prend un aspect différent lorsque le quotidien d'hier devient une étape dépassée, un "avant" déjà lointain ...
Oubliée la monotonie des gestes pour aider à vivre, la soupe préparée dans le bol, les médicaments sortis ...
Ne reste que l'espérance qu'il va s'en sortir.
La mort n'est peut-être pas la fin du monde - surtout pour moi qui crois à la vie éternelle - mais c'est quand même perdre une présence précieuse, se sentir abandonnée face à un futur qui ne sera plus jamais comme avant.
Mais oui, papa, je t'aime, et pas d'un amour de pitié !
La vie vaut la peine d'être vécue, même quand on a 96 ans, et plus toutes ses capacités ...
Alors, papa, décideras-tu de la mener cette guerre contre le découragement et "l'à quoi bon ?" ?medium_Papi.jpg